Les livres de Zuckerman : La tache

Les livres de Zuckerman : La tache

De Philip Roth
Traduit par Josée Kamoun
En stock, expédié aujourd'hui En stock, expédié aujourd'hui 9,40 €
mardi 19 juin 2018 4 étoiles

Première lecture de l’auteur, et premières impressions : c’est un auteur américain qui nous décrit l’Amérique de Clinton à travers une histoire particulière.

De longs paragraphes dans lesquels il faut se laisser porter par le phrasé de l’auteur.

Des réflexions émaillent le récit sur le difficile retour des GI’s du Vietnam qui se moquent ouvertement de ceux qui sont revenus de 4 jours de guerre en Irak.

Sur Willie le planqué de la Maison Blanche.

Sur le politiquement correct dans les Universités où comptent plus le ressenti des élèves que les explications des professeurs.

Sur la tactique qu’exige la pratique de la boxe, plus que la force brute.

La pièce de Shakespeare Jules César est omniprésente dans le roman (prénom des enfants, citations).

J’ai appris que le mois de février était le mois de l’histoire des Noirs dans l’enseignement américain.

L’auteur met également en scène le personnage de Delphine Roux, jeune normalienne française aux dents longues prête à tout pour réussir, et pourtant amoureuse de celui qu’elle a mis à la porte.

J’ai toutefois trouvé le titre étrange : la tache. Il est plutôt question du mensonge sur lequel Coleman Silk a bâti sa vie.

Prix Médicis Etranger en 2002.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mark, l’un des fils de Coleman, le seul en rébellion contre son père, car il sent que quelque chose ne tourne pas rond dans l’histoire familiale.

Quelques citations :

On n’a pas besoin de tuer son père. Le monde s’en charge. Il y a des tas de forces qui guettent le père. Le monde va lui faire son affaire, et il l’avait faite, en effet, à Mr Silk. Celle qu’il faut assassiner, c’est la mère. (p.135)


Plateau

Plateau

De Franck Bouysse
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 7,60 €
mardi 19 juin 2018 5 étoiles

Qu’il est beau, ce plateau de Millevaches.

Quelle est belle, la nature de ce coin de pays.

Quelle est rude, la vie des rares paysans encore présents. Ils ont pourtant le coeur sur la main, tels Virgile et Judith qui recueillent la nièce Cory de Judith.

Mais elle n’ira pas habiter chez eux, car Judith perd la mémoire.

J’ai aimé la nature omniprésente (même si je n’ai pas reconnu toute la faune et la flore).

J’ai aimé les secrets chez ces personnages taiseux.

J’ai aimé le couple de Judith et Virgile, qui s’aiment jusqu’à la mort.

Le personnage de Karl est resté une énigme pour moi.

J’ai eu pitié de Cory, mais j’ai aimé Georges.

Un roman tout en finesse et sensibilité.

L’image que je retiendrai :

Pour plumer les poules, une fois tuées, il faut d’abord les ébouillanter.


Les vies de papier

Les vies de papier

De Rabih Alameddine
Traduit par Nicolas Richard
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 20,90 €
mardi 19 juin 2018 3 étoiles

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l’ombre des murs anciens de son appartement, elle s’apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l’une des œuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.

À la fois refuge et » plaisir aveugle « , la littérature est l’air qu’elle respire, celui qui la fait vibrer comme cet opus de Chopin qu’elle ne cesse d’écouter. C’est entourée de livres, de cartons remplis de papiers, de feuilles volantes de ses traductions qu’Aaliya se sent vivante.

Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l’odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l’imprévisibilité de Beyrouth.

Le résumé était tentant, les avis passionnés, mais ma lecture a été laborieuse.

D’abord parce que le récit est éclaté, en fonction des souvenirs d’Aaliya. Eclaté comme la ville dans laquelle Aaliya est obligée de faire des tours et des détours.

Ensuite parce que je ne me suis pas attachée aux personnages. Ni Aaliya ni ses voisines ne m’ont parlé, pas même Hannah.

Enfin parce que les trop nombreuses citations qui émaillent le récit ont coupé le rythme de ma lecture.

Ma rencontre avec ce livre n’a pas eut lieu, dommage pour moi.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’AK47 à côté du lit d’Aaliya pendant la guerre.


Dans les angles morts

Dans les angles morts

De Elizabeth Brundage
Traduit par Cécile Arnaud
En stock, expédié aujourd'hui En stock, expédié aujourd'hui 23,50 €
mardi 19 juin 2018 5 étoiles

Le roman commence abruptement par le meurtre à la hache de Catherine. Son mari rentre du travail, la découvre, et s’enfuit avec leur fille Franny pour trouver secours chez les voisins les plus proches.

Puis le roman revient sur l’histoire tragique de la maison, occupée auparavant par une famille de fermiers qui a fait faillite. Le père s’est suicidé avec la mère, laissant les 3 garçons.

Le plus jeune, Cobe, vient souvent garder Franny, et se prend d’amitié pour Catherine.

Le lecteur découvre le couple que forme Catherine avec George. Elle reste avec lui pour que sa fille grandisse dans une famille à la campagne.

Peu à peu, le personnage de George se dévoile. La tension monte.

Je me suis toutefois ennuyée en milieu de roman, trouvant que l’auteure s’étalait inutilement sur certaines situations et personnages, notamment en ce qui concerne la peinture de George Inness, ou de la présence du surnaturel dans notre vie.

Mais dans l’ensemble, ce roman fait froid dans le dos.

George est glaçant (je ne vous dirai pas pourquoi, ce serait divulgâcher ce qui fait le sel du livre).

Les petites villes de la campagne américaine ne sont pas si paisibles que ça, et le méchant coule une retraite tranquille.

Je n’ai pas pu le lâcher à la fin.

L’image que je retiendrai :

Celle de la description du sociopathe, si vrai (j’ai vécu avec un psychopathe pendant 3 mois, et cette description lui va comme un gant).

La description :

Les vrais sociopathes ont la capacité de se convaincre eux-mêmes de leur innocence. De sorte qu’ils croient à tout ce qu’ils disent, et que tout le monde finit par les croire également. Ils se distancient de l’événement. Comme s’il n’avaient pas été là, comme si ce n’était même pas arrivé.

Ces gens-là étaient des prédateurs. Ils possédaient des capacités de perception dont les gens normaux étaient dépourvus.

Des réflexes de survie, leur permettant de s’en sortir et de recommencer. (p.437)


My absolute darling

My absolute darling

De Gabriel Tallent
Traduit par Laura Derajinski
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 24,40 €
mardi 12 juin 2018 5 étoiles

L’Amérique profonde : celle qui scolarise à peine ses enfants, qui adule les armes à feu et craint la fin du monde.

Au bord de l’océan, dans une petite ville de Californie, Martin élève seul sa fille. Il la conditionne à l’arrivée de la fin du monde. Seul compte pour lui l’éducation aux armes à feu.

Julia, ou plutôt Turtle, surnommée Croquette par son père, sait démonter et remonter ses armes les yeux fermés, et elle en prend soin.

L’Amérique profonde : Martin revient un jour avec une petite fille Cayenne trouvée sur un parking.

Ce sont ces éléments du roman qui m’ont le plus marqués.

Oui, bien sûr, il y est question de l’inceste entre Turtle et son père ; de la descolarisation de Turtle ; de son professeur Anna qui tente de la sortir de sa situation ; de la découverte de l’amour grâce à Jacob ; de la relation père-fils conflictuelle et grand-père – petite fille plus apaisée ; de la nature sauvage présente à chaque page, celle qui reprend le dessus sur l’homme quand on la laisse faire.

Un roman riche de sujets, vous l’aurez compris.

Mais le style m’a rebuté : trop âpre, allant à l’essentiel. Nous présentant les faits avec pour seul lien logique « et ».

Tout ces jurons que les personnages répètent sans cesse m’ont lassé également. Putain et Bon dieu, à la longue c’est un peu court.

Je suis allée au bout de ma lecture, heureusement pleine d’espoir (on est en Amérique).

Une lecture qui m’a poursuivi longtemps.

Un premier roman remarqué, mais qui aurait mérité quelques coupes. Je crois que nous attendons tous le suivant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la marée montante lors de la pêche à l’anguille.

Une citation :

Et c’est difficile parce que c’est assez naturel de penser que ton père te déteste pour une raison valable. On a presque envie de le croire. C’est plus simple que de penser que sa haine est insondable. Ca n’a aucun sens aux yeux d’un enfant. (p.200)