Image manquante

L'art du meurtre

Duchamp Chrystel
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lundi 20 janvier 2020 4 étoiles

L’auteure aurait-elle un lien avec Marcel Duchamp ? Apparemment non, mais son roman se déroule dans le milieu de l’art contemporain à Paris pendant la Biennale.

Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Il a été torturé, mutilé, puis assis à une table dressée pour un banquet. Une mise en scène comme une vanité artistique. Un crime de toute beauté !

Quand le corps d’un autre amateur d’art – dont la mort a été soigneusement mise en scène – est retrouvé, le doute n’est pas permis : un tueur en série est à l’œuvre.

Pour le lieutenant Audrey Durand, cette enquête dans le monde de l’art contemporain sera-t-elle l’occasion de faire taire ses démons, ou se transformera-t-elle en une plongée hypnotique aux confins de la folie ?

J’ai aimé découvrir Audrey, sa mère ultra-protectrice, ses amours ravagés, mais passionnée par son métier.

J’ai aimé suivre cette enquête artistique, ses références aux grands peintres depuis la Renaissance jusqu’aux happenings modernes.

J’ai aimé le commissaire-à-rien.

J’ai aimé que les victimes ne soient pas de simples victimes et qu’elles cachent un véritable projet artistique.

J’ai aimé la référence et l’analyse du travail d’Orlan, artiste de ma ville qui continue de m’intriguer.

En revanche, le style allant à l’essentiel m’a étonné et parfois heurté. Mais le récit est sans temps mort ni longueur.

Au vue de la fin du roman, je ne pense pas qu’il y aura une suite. Dommage, le personnage d’Audrey m’était sympathique.

Quelques citations :

De cette triste expérience, une blessure est restée. Elle sera toujours présente. Je ne peux que l’apprivoiser et apprendre à vivre avec elle. Désormais, elle fait partie de moi.

A propos d’Orlan : Son interrogation artistique fait écho à celle de Picasso : qu’est-ce que le beau ? Sa réponse : la beauté n’est pas. La beauté n’est plus.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chaleur écrasante d’un été de canicule.

https://alexmotamots.fr/lart-du-meurtre-chrystel-duchamp/


La fille de Kali

La fille de Kali

De Céline Denjean
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lundi 20 janvier 2020 4 étoiles

Je ne vous cache pas qu’en ouvrant ce roman, je craignais qu’il soit bavard, au vue du nombre de pages et de la longueur de la dédicace après avoir bavardé un long moment avec l’auteure.

J’ai donc été agréablement surprise à la lecture de ces enquêtes croisées : pas de longueurs et un récit mené tambour battant.

Car même si l’enquête de la gendarmerie a tendance à s’enliser, celle de la journaliste Amanda avance rapidement, et celle du détective privé Danny Chang prend des voies inattendues.

Je me suis donc régalée avec ce polar toulousain qui fait une escapade en Inde puis en Suisse.

J’ai découvert la déesse Kali et l’étrange culte que son adepte lui rend.

Comme le disait l’auteure lors de la dédicace, les femmes tueuses en série sont rares. Elle nous offre ici un portrait criant de vérité d’une jeune femme qui succombe à ses pulsions meurtrières tout en restant sous les radars des autorités.

Une auteure qui sait faire monter la tension tout au long de son récit, et qui jongle avec ses personnages sans jamais nous perdre.

Un excellent moment de lecture. Et le second tome promet d’être tout aussi bien.

Un bémol tout de même : beaucoup de jeunette et de brunette, mais pas de coquette studette…

L’image que je retiendrai :

Celle des croissants que la brigade mange souvent avant de commencer le briefing du matin.

https://alexmotamots.fr/la-fille-de-kali-celine-denjean/


La voisine

La voisine

Yewande Omotoso
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lundi 20 janvier 2020 4 étoiles

Il y a Marion : Blanche, veuve de quatre-vingts ans passés, aux cheveux teints et entichée de son chien, qui a su jongler entre famille et carrière d’architecte à succès.

Et Hortensia : Noire, octogénaire caractérielle, gourou du design dont les œuvres sont adulées jusqu’au Danemark et qui vient de découvrir que son défunt mari avait eu une fille hors mariage.

Le décor : une banlieue chic du Cap pleine de vieilles Blanches riches, effrayées et racistes.

Ces deux là ne s’entendent pas, Hortensia ne cessant de reprocher à Marion son racisme dont elle ne se rend pas compte.

Jusqu’au jour où la grue d’Hortensia tombe chez et sur Marion, détruisant une partie de sa maison. Les deux femmes sont amenées à cohabiter, nous révélant un peu de leur passé.

J’ai aimé découvrir la vie d’Hortensia, enfant de la Barbade arrivée en Angleterre à la faveur d’une bourse d’étude, qui deviendra une grande designeuse reconnue, mais dont le mariage a été un échec.

J’ai aimé Marion qui a su mener de front une famille de 4 enfants et une carrière d’architecte, bien gagner sa vie avant que son mari ne fasse des dettes avant de mourir, et ses enfants s’éloigner. Son enfance de fille d’immigrés d’elle ne sait même pas quel pays d’Europe, Juifs et respectant à la lettre l’apartheid.

J’ai en revanche eu plus de mal avec le style parfois haché (pas toujours), des phrases ou des paragraphes qui se finissent abruptement.

J’ai aimé cette banlieue blanche d’Afrique du Sud qui peine à se tourner sur son passé, et qui garde des réflexes de l’ancien temps.

Deux femmes que tout oppose mais qui sauront faire des compromis pour avancer.

L’image que je retiendrai :

Celle des oiseaux constamment présents dans les créations d’Hortensia.

https://alexmotamots.fr/la-voisine-yewande-omotoso/


Champion

Champion

De Maria Pourchet
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lundi 20 janvier 2020 4 étoiles

Champion, c’est le nom du loup qui accompagne Fabien et qui devient parfois violent.

Fabien est interne et ne rentre chez ses parents que quand ceux-ci veulent bien venir le chercher. Cela tombe bien, Fabien n’a pas spécialement envie de rentrer.

Dans les cinq cahiers qu’il noircit pour sa thérapeute, il nous raconte les semaines avant le drame, le petit monde de l’internat qui est le sien.

Jamais il n’évoque pourquoi il a été inscrit en internat ni pourquoi il se retrouve dans ce centre de repos à devoir écrire sur des cahiers.

Nous devinons en lisant entre les lignes qu’un drame familial a eu lieu. Seul le dernier cahier révélera ce que Fabien n’arrive pas à écrire et a préféré refouler.

J’ai aimé l’humour et le ton décalé de Fabien pour parler de ses congénères, le regard qu’il porte sur le monde des adultes.

Un roman qui donne la parole à un adolescent mal dans sa peau, mais qui laisse s’échapper son mal-être sous la forme d’un loup.

L’image que je retiendrai :

Celle de son compagnon de chambre qui récite les journaux toute la journée et même la nuit.

https://alexmotamots.fr/champion-maria-pourchet/


Reflets des jours mauves

Reflets des jours mauves

Tenenbaum Gerald
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lundi 20 janvier 2020 5 étoiles

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Les Harmoniques.
Lorsque M. Gérald Tenenbaum me contacte pour me proposer son dernier roman, je ne peux qu’accepter.
Lors d’une réception en son honneur, le professeur Lazare s’isole, las des sollicitudes. Abordé par
un jeune journaliste, l’éminent généticien se surprend à lui proposer un verre dans un bar. Au fil des échanges, Lazare se déleste du secret qui entoure ses recherches. À quoi bon avoir déchiffré la partition du génome si cela conduit à trahir l’être cher et condamne à la solitude ?
J’ai aimé découvrir Lazare, jeune généticien plein de fougue, qui nous raconte son amour pour Rachel à l’automne de sa vie.
J’ai aimé ce huis-clos en sous-sol entre de parfaits inconnus, la nuit, à côté d’un billard et sous les yeux bienveillants du barman.
J’ai aimé l’hypothèse de Lazare : nos gènes émettent une musique tout au long de notre vie, mais lorsque nous approchons de la mort, les partitions se rejoignent et émettent un même rythme.
J’ai aimé la conclusion de l’auteur : en donnant la vie, nous sommes capable de bouleverser nos gènes.
Encore une fois, j’ai été captivée par le style merveilleux de l’auteur dont les phrases me ravissent à chaque fois.
Une lecture douce-amer sur les limites de la science quand elles résonnent dans nos vies.
L’image que je retiendrai :
Celle de la couleur si particulière des iris violets de Rachel.
Quelques citations :
Les émotions et les infections, deux invasions jumelles, l’esprit et le corps, qui se répondent.
La seule issue pour lui consistait à trouver le moyen de remanier le texte fondateur inscrit dans les cellules de Rachel, en éradiquer les spectres funestes et, tel un Orphée victorieux maître de lui-même comme de sa partition, la faire sortir des enfers pour lui offrir le palpitement de la vie.
Il avait passé tant de temps sur sa signature génétique. seule sa signature artistique comptait désormais car c’était une marque de vie. Marqueurs de morts, marque de vie, le choix est vite fait.
https://alexmotamots.fr/reflets-des-jours-mauves-gerald-tenenbaum/