Je prie pour Carnot qui va être assassiné ce soir / un attentat contre la République, 24 juin 1894, Un attentat contre la République, 24 juin 1894
EAN13 : 9782363580238
ISBN :978-2-36358-023-8
Éditeur :Vendémiaire
Date Parution :
Collection :CHRONIQUES
Nombre de pages :186
Dimensions : 20 x 14 x 1 cm
Poids : 233 g
Langue : français

Je prie pour Carnot qui va être assassiné ce soir / un attentat contre la République, 24 juin 1894

Un attentat contre la République, 24 juin 1894

En cette année 1894, le régime républicain a à peine vingt années d’existence officielle. Une existence entachée par les « affaires » et la corruption qui semble miner le personnel politique, et menacée par une grave crise économique qu’exploitent les mouvements populistes et xénophobes.

La dénonciation des « bourgeois » qui « affament le peuple » s’exprime avec une virulence particulière dans les milieux anarchistes. Ce sont d’abord les engins explosifs de Ravachol qui sont lancés en plein Paris en 1892 ; puis Auguste Vaillant fait exploser une bombe à la Chambre des députés, en 1893 ; les attentats d’Émile Henry ont enfin lieu 1894. Les trois hommes seront arrêtés et guillotinés. En s’attaquant à la plus haute fonction de l’État, Caserio témoigne de la vigueur des principes anarchistes, dans un milieu acquis à l’idée de la « propagande par le fait », et de la volonté de venger ses prédécesseurs. Il sera exécuté comme eux.

C’est l’occasion, à travers les rapports de police, les témoignages spontanés de la population, les comptes rendus de la presse, d’appréhender l’état de l’opinion, entre terreur et sympathie pour ces « martyrs » de la cause révolutionnaire ; la xénophobie sera aussi réactivée par l’événement, aboutissant au départ forcé de milliers d’ouvriers ou d’artisans italiens, conspués comme complices de l’assassin...

Paradoxalement, Caserio aura surtout contribué à renforcer l’institution, et l’attachement des parlementaires, comme de la majorité des Français, envers un régime qui n’était, jusque-là, pas tout à fait entré dans les moeurs : la dépouille de Sadi Carnot est accueillie en grande pompe au Panthéon, et l’Assemblée vote les « lois scélérates », interdisant toute profession de foi libertaire, qui ne seront abolies qu’en 1992.

Docteur en histoire, Karine Salomé enseigne au lycée Maurice Genevoix, à Montrouge ; elle est également chargée de cours à l’université Paris 7. Elle a notamment publié L’Ouragan homicide. L’attentat politique en France au XIXe siècle (2011).

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