La Brigade du rire

La Brigade du rire

Gérard Mordillat

Albin Michel

  • par
    7 mai 2016

    La belle équipe que voilà. Je ne sais pas si je les aurais suivi, sans doute trop modéré, même si selon Kol qui a sûrement raison, "se dire "modéré", c'est se trouver une bonne excuse pour ne rien faire." (p.363), mais j'aurais aimé les connaître. Ma seule angoisse dans ce bouquin fut de craindre qu'ils ne puissent aller au bout de leur action et qu'ils se fassent piquer, mais bien évidemment, je ne dirai rien là-dessus... Et de me prendre à rêver d'enfermer et d'obliger à travailler ceux qui ont de belles théories sur tout et ne connaissent rien de la vie à 1000 euros par mois, se permettent de critiquer les ouvriers et leurs avantages acquis sur lesquels ils ne veulent pas revenir pendant qu'eux-mêmes se payent des bagnoles ou des montres qui valent plus d'un an de salaire d'un smicard. Et de noter dans un coin de ma tête des noms de personnes à kidnapper et mettre face à la réalité, je crois même trouver des complices assez facilement.

    Ah, putain, ça fait du bien, au moins d'y penser...

    Gérad Mordillat y va fort, il développe ses idées, ses convictions déjà superbement mises en mots dans Les vivants et les morts.

    "Kol s'interrompit un instant au souvenir des saloperies de Ramut et de ses semblables éditorialistes, pseudo-philosophes, politologues, journalistes, experts en tout et n'importe quoi. Pour eux, l'affaire était entendue : la classe ouvrière n'était plus qu'une bande d'abrutis, incultes, illettrés, tout juste bons à lire les titres de journaux gratuits et à faire des mots-fléchés, hypnotisés par le foot à la télé. Mais surtout leur abrutissement, leur alcoolisme, leur dégénérescence en faisaient une armée de réserve pour l'extrême droite dont ils partageaient le machisme, le racisme, le nationalisme et l'antisémitisme." (p.363)

    Et ça fait du bien car les romans mettent assez rarement en scène des personnages simples, des gens de "la France d'en bas" comme disait un politique il y a quelques années -une manière de snober (pour ne pas dire mépriser) cette France-là. La brigade du rire est attachante, tous ses membres avec leurs défauts, leurs vies parfois cabossées, leurs amour compliquées ou pas, leurs boulots quand ils en ont, le sont également individuellement. C'est cela qui est bien dans ce roman aussi, Gérard Mordillat s'intéresse à tous et à leurs proches, par exemple, Betty une ex-collègue et ex-amante de Kol, qui se promène dans ce roman sans croiser aucun des protagonistes mais qui est là jusqu'au final. Il construit son roman très habilement et ce qui pourrait paraître irréaliste est en fait crédible, ce n'est pas forcément une simple utopie (enfin utopie pour les kidnappeurs, parce que pour Ramut, c'est plutôt l'enfer).

    C'est un très beau roman, qui donne envie de se révolter, de montrer à tous ceux qui théorisent que leur cynisme -ce qu'ils appellent pragmatisme- fait souffrir des hommes et des femmes. Mais ce roman est également drôle, bourré de références cinématographiques, littéraires, de blagues potaches. Il n'est absolument pas plombant, et c'est le sourire aux lèvres qu'on avale les 516 pages -il faut bien cela pour savoir comment tous évoluent. Comme quoi, la révolution -qui s'annonce- peut être joyeuse.


  • 14 octobre 2015

    Une comédie grinçante

    Il y a presque quarante ans, ils jouaient ensemble au handball. Zac, Dylan, Kol, Rousseau, Hurel et Bob avaient alors plein d’illusions sur la vie en général et sur la leur en particulier. Ils seraient heureux, ils réussiraient. Mais lors de cette réunion d’anciens copains, c’est la colère qui domine. Contre les licenciements, le règne du fric, de la vulgarité et le conformisme libéral d’une société qui broie. Alors la petite bande, augmentée des femmes et des copines, a une idée totalement invraisemblable : enlever Pierre Ramut, l’homme au nœud papillon, éditorialiste vedette du très droitier « Valeurs Francaises. Il s’agit de lui faire partager la vie réelle des ouvriers, lui qui les dénigre tout au long de ses articles sans en avoir jamais vu un seul.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • 13 septembre 2015

    Des amis se retrouvent aprés s'etre perdus de vue pendant des années. Chacun fait le triste constat de sa vie , de ses reves brisés. Ils en arrivent à faire leurs propre revendications et s'en prennent à un journaliste par vengeance sur al politique du gouvernement.
    C'est un roman social.


  • par (Libraire)
    7 septembre 2015

    Un roman social passionnant

    Un groupe d'amis se retrouve après plusieurs années de séparation. Chacun d'entre eux arrive avec ses soucis de travail, de famille ou de couple.
    Kol a perdu son emploi à l'imprimerie. Il était délégué syndical, toujours sur le pont, de tous les combats. Il a tout donné et tout perdu en retour.
    La discussion tourne rapidement aux revendications d'ordre social. Ils ne supportent plus les agissements de l'Etat et tous ont quelque chose à reprocher à la société. Ils décident, pour se venger, de s'en prendre à un célèbre journaliste qui, à travers ses éditos, dénigre les travailleurs.
    C'est ainsi que naît "la brigade du rire".
    Un roman social passionnant, bourré d'humour qui souligne avec précision les difficultés des travailleurs et qui critique avec finesse et justesse le système médiatique.
    Un très bon Mordillat!


  • par (Libraire)
    21 août 2015

    Génial!

    Intelligent, original, cynique, drôle....génial!
    Laetitia