Sans oublier

Ariane Bois

Belfond

  • par (Libraire)
    23 avril 2014

    Une jeune mère de famille, heureuse avec le père de ses enfants et ceux-ci qui grandissent bien, pourvue par ailleurs d'un travail intéressant, se trouve profondément affectée par le décès accidentel et particulièrement surprenant de sa mère. Sa vie entière s'en trouve remise en question. On la suit délicatement dans son parcours à travers le deuil vers la lumière de la survie et un bel élan vital.

    Le tout début du roman m'avait laissée calme : les récits de deuil et de leurs catastrophes intimes ne sont pas rares.

    Alors qu'elle croit reprendre le cours du quotidien au lieu de remonter la pente la narratrice trébuche et chute et chute encore, ne parvient plus à assumer l'essentiel du quotidien. L'époux fait des efforts, soutient de son mieux, n'y parvient pas. La jeune femme nous devient proche on comprend qu'il ne s'agit pas d'un simple deuil même alourdi par la présence d'une peu accueillante belle-famille. Les enfants s'efforcent d'avancer, malgré les difficultés des grands.

    La dernière partie du roman débouche sur une autre dimension qui lui fait prendre son ampleur.

    C'est un livre auquel on repense. Il me semble que c'est un ouvrage réconfortant, au bout du compte et qui peut faire du bien à qui se trouve en deuil ou confronté à de graves difficultés concernant les proches, les personnes bien-aimées.


  • 5 avril 2014

    Ce roman beau et émouvant relate l'histoire d'une femme dont le quotidien semble paisible : deux enfants Claire 6 ans et Simon 3 ans, un mari attentionné et un emploi dans une agence de publicité. Mais lorsque soudain sa mère, journaliste reporter, décède dans un accident d'hélicoptère, lors d'une mission en Sibérie, sa vie bascule.
    Cette femme est dévastée, le monde s'arrête et elle sombre dans une profonde dépression qu'elle avait déjà connue après la naissance de sa fille. Elle avait alors été déçue de ne pas avoir un garçon, en souvenir de son jeune frère disparu à l'âge de 20 ans.

    Elle (dont on ne connaît pas le prénom) se réfugie dans le sommeil et s'enfonce de plus en plus profondément, au point de mettre sa famille en danger...
    Après avoir tenté de mettre fin à ses jours et lors d'une dispute avec son mari, elle prend la fuite en voiture. Elle arrive, par hasard, à Chambon sur Lignon, village chargé d'histoires et où elle va découvrir qui était réellement sa mère...

    Je n'avais jamais lu de roman d'Ariane Bois auparavant. J'ai beaucoup aimé celui-ci, plein de poésie, de sensibilité et surtout de justesse dans les descriptions faites de la dépression et du deuil d'un être cher.


  • 8 mars 2014

    Elle a tout pour être heureuse : un mari beau et aimant, deux enfants en plaine santé, un bel appartement, un travail plaisant. Elle a tout pour être heureuse et pourtant...Sous le vernis de la femme épanouie se terrent une soeur effondrée par le suicide de son frère, une fille toujours en recherche de l'approbation maternelle, une mère parfois démunie devant sa fille. Ces fêlures vont se déclarer au grand jour quand sa mère, journaliste, meurt soudainement dans un accident d'hélicoptère au fin fond de la Sibérie. Là, elle perd pied, sombre dans une profonde dépression et doit fuir sa famille dont elle ne pet plus s'occuper. Le hasard la conduit au Chambon-sur-Lignon, village protestant des Cévennes, connu pour avoir accueilli des centaines d'enfants juifs pendant la guerre, où son père a des attaches et où, comme elle va le découvrir, sa mère a passé une partie de son enfance.

    Il faut vraiment avoir un coeur de pierre pour ne pas être touché par la détresse de cette femme qui s'effondre après le décès de sa mère. Et pourtant...Parfois les gens qui ont tout et qui trouvent le moyen d'être malheureux, et bien..ça agace ! Perdre sa mère est bien sûr un évènement douloureux, voire traumatisant, mais la narratrice n'est plus une enfant, bon sang ! Elle est épaulée par un époux (appelé "L'homme" de façon aussi ridicule qu'énervante) présent et concerné, elle a deux enfants très jeunes dont elle doit s'occuper, alors pourquoi une réaction aussi extrême ? Peut-être parce qu'elle n'en avait pas fini avec cette mère dont elle se dit très proche et dont elle guettait encore et toujours l'approbation mais qui, au fil du récit, semble légèrement cyclothymique. Les agissements de cette mère s'expliquent d'ailleurs par le poids d'un secret qu'elle traîne depuis l'enfance. C'est ce que découvre la narratrice lors de son séjour dans les Cévennes. Une histoire qu'Ariane BOIS amène de façon maladroite en expliquant par un heureux hasard le choix de la destination de son héroïne et sa rencontre avec un kiné qui se trouve être le fils d'une vieille dame qui a connu sa mère. Au passage, elle ajoute une inutile et incompréhensible liaison avec ledit kiné. Tout cela semble artificiel et doit vouloir introduire l'évocation du Chambon-sur-Lignon, village des Cévennes dont les habitants n'ont pas craint de défier les nazis durant la deuxième guerre mondiale. Cette partie est d'ailleurs très intéressante et enrichissante et sauve le livre du naufrage.
    Ariane BOIS a-t-elle crée ses personnages de toutes pièces ou s'est-elle inspirée de sa propre histoire? Auquel cas, ce récit auto-centré ne serait que l'indécent étalage de ses sentiments les plus intimes et les moins glorieux...A priori, c'est un roman, prenons-le comme tel même si la question peut se poser. Alors ceux qui ont suffisamment d'empathie pour supporter la crise existentielle d'une femme égoïste et immature seront touchés par cette descente aux enfers décortiquées dans ses moindres détails, les autres subiront les plaintes et gémissements, l'éternel secret de famille, les coïncidences bienvenues et le style parfois un brin grandiloquent.